La Suisse et le Brexit Founex, le 1er avril. De source bien informée, La Nouvelle Ligne apprend que, piquée au vif par le Brexit, l’Union Européenne a décidé d’introduire un numerus clausus et de limiter le nombre de ses membres à vingt-huit. Soucieux de ne pas rater cette fenêtre de tir, le Conseil Fédéral, dont la réputation en matière de rapidité de prise de décision n’est plus à faire, s’est empressé de demander l’adhésion de la Suisse à l’Union Européenne, coiffant au poteau la Moldavie. Alors que l’Union Européenne vient de commémorer le soixantième anniversaire du Traité Rome, qui l’inscrit dans une double tradition chrétienne et impériale, le Conseil Fédéral n’a pas manqué de faire valoir que Rodolphe de Habsbourg, premier de sa Maison à accéder à la dignité impériale, était un gars du pays, originaire d’Argovie. Et d’ailleurs, le noeud ferroviaire d’Olten ne témoigne-t-il pas par delà les siècles de…
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Tyrolienne La Nouvelle Ligne avait effectué ce jours derniers un voyage au Tyrol où elle passait quelques jours de vacances, à quelques centaines de mètres à peine de la frontière avec la Bavière. Si aux yeux extérieurs rien ne distingue ces deux provinces qui ont en commun les lederhosen, les dirndl, les chapeaux de feutre ornés d’une mèche de poils de blaireau, le dialecte et une histoire nourrie de rivalités les distinguent. Les uns et les autres ne manquent pas de rappeler qu’il y a deux cent ans, les Bavarois avaient soutenu Napoléon, flattés par la promotion de prince-électeur à roi que ce dernier avait accordé à leur souverain, et s’étaient violemment affrontés aux Tyroliens, menés par Andreas Hofer, un franc-tireur, fidèle partisan du seul empereur légitime, François II Habsbourg. Ce jour-là c’était la fête des alpages au Tyrol. Le curé bavarois aurait dû célébrer la messe en plein air…
Péter Esterházy (1950-2016) “Madame la comtesse, les communistes sont arrives”. Tirée de Harmonia Caelestis (Gallimard, 2011), cette phrase résume bien la vie de son auteur, Péter Esterházy, fils d’aristocrate élevé dans un pays communiste, décédé il y a quelques jours. Péter figurera parmi les rares membres de l’aristocratie hongroise à ne pas être sortis, comme on disait alors, ni en 1945 ni en 1956. Figure majeure de la littérature hongroise contemporaine, il se distingue par une langue riche, un ton plein d’humour mais aussi par un style assez éclectique et une syntaxe expérimentale qui peuvent rendre ardue la lecture de ses ouvrages. Harmonia Caelestis Harmonia Caelestis nous plonge d’emblée dans un univers familial et même dynastique car il renvoie à une œuvre de la musique baroque, un cycle de cinquante-cinq cantates sacrées composées par Paul, premier prince Esterházy, et publiée à Vienne en 1711. Roman baroque où se mêlent la…
L’Europe et l’empire L’idée impériale Il y a quelques jours quand, à la suite du Brexit, se réunissaient à Berlin les ministres des affaires étrangères des six pays fondateurs de l’Union Européenne, le gouvernement polonais les mettait en garde contre la « tentation carolingienne ». Par une curieuse coïncidence, le territoire alors représenté par l’Europe des Six correspondait peu ou prou à celui de l’empire de Charlemagne dont la frontière à l’Est, sur l’Elbe, recouvrait curieusement celle de la division entre les deux Allemagne pendant la guerre froide. Aux yeux de La Nouvelle Ligne, n’en déplaise au gouvernement polonais, cette référence impériale est constitutive de l’Union Européenne. De même que Charlemagne se fit couronner empereur à Rome, de même le traité fondateur de la Communauté Européenne y fut signé au Capitole. Après l’empire romain, l’empire de Charlemagne, le Saint-Empire, l’Union Européenne se veut être la manifestation actuelle de ce que Otto de…



