La figure du Roi « Qu’ils mangent de la brioche ». Cette anecdote, attribuée sans doute faussement à Marie-Antoinette, est censée illustrer la distance qui sépare l’aristocratie (les élites d’alors) du peuple, ceux qui goûtent de la brioche de ceux qui se nourrissent de pain. De nos jours, à la brioche et au pain, on peut substituer l’essence et le diesel, remplacer les bonnets phrygiens par des gilets jaunes et donc poser à nouveau la question de l’attitude qu’il convient d’adopter face à la figure du Roi. La Nouvelle Ligne est d’avis qu’en tout premier lieu, la royauté oblige mais aussi que cette obligation exige une certaine distance. A cet égard François Hollande s’est égaré lorsqu’il déclarait vouloir être un président normal, ce qui allait l’exposer à un ridicule qui plus jamais n’allait le quitter. Résolu à ne pas commettre la même erreur, Emmanuel Macron s’est attaché à conférer à nouveau de…
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L’héritage des Habsbourg De 1382 à 1918, elle s’est blottie sous l’aigle des Habsbourg ; en 1719, Charles VI en fit un port libre ; sa fille Marie-Thérèse y fit percer le canal ; en 1857 enfin, le chemin de fer en assura la liaison avec Vienne, la capitale impériale. Le XIXe siècle allait marquer l’apogée de la ville de Trieste, alors une sorte de Hong Kong de la Mitteleuropa, où se mêlaient Allemands et Italiens, Juifs et Slaves. Et puis vint l’irrédentisme, ce mouvement de la jeune nation italienne qui réclama, comme les Romains les Sabines, en 1919, puis à nouveau en 1954, une ville qui ne lui avait jamais appartenue. De nos jours, la messe est dite, les chiens errants sommeillent dans la poussière du karst et Trieste est à nouveau italienne, tout au bout de l’Italie. Si sous les Habsbourg, Trieste avait joué un rôle crucial pour être le seul…
Astérix chez les Français Astérix renvoie aux Français une image d’eux-mêmes La parution d’un nouvel album d’Astérix fournit l’occasion de s’interroger sur son succès. Certes, la série renvoie aux Français l’image qu’ils ont d’eux-mêmes: bagarreurs, irrévérencieux, amateurs de bonne chère, adeptes d’un mode de vie tout à la fois fier et désinvolte et qu’ils s’imaginent le monde leur envier, mais il y a plus. France Libre et village gaulois Astérix voit le jour en 1959, l’année même où le Général de Gaulle, rappelé au pouvoir l’année précédente, est élu président de la République. La France rappelle De Gaulle au pouvoir, son fils le plus illustre, parce qu’il incarne tout à la fois l’homme de l’espoir avec l’appel du 18 juin, l’homme qui assure une place à la France dans l’échiquier des nations en 1944-45 et l’homme de la nouvelle Ve République. En un mot, il est le seul qui sache…
Un compositeur de talent de la fin du XIXe siècle Même Mozart était tombé dans l’oubli tout au long du XIXe siècle, aussi le XXe siècle ne se priva-t-il pas d’infliger le même supplice à Imre Széchenyi (1825-1898), un compositeur hongrois connu en son temps principalement pour ses compositions pour le piano. Issu d’une famille de la haute aristocratie hongroise, Imre Széchenyi naît à Vienne où son père Ludwig exerce la charge de Oberhofmeister à la cour, si bien qu’Imre grandira en familier de l’empereur François-Joseph et de son frère Maximilien, l’éphémère et infortuné empereur du Mexique. Comme il est d’usage dans son milieu, il voue sa carrière au service de l’Etat. Il a le choix entre les armes et la diplomatie ; ce sera la diplomatie qui le verra occuper des postes dans les principales capitales de l’Europe et représenter son pays enfin en qualité d’ambassadeur à Berlin auprès du…
Les nonnes perdues de Bertholdstein Aux confins de l’Autriche, de la Hongrie et de la Slovénie actuelles, le château de Bertholdstein domine la vallée de la Raab depuis sa fondation au XIIe siècle ; dans son état actuel il est réputé pour sa galerie d’arcades qui ceint la cour intérieure, la plus longue d’Europe Centrale. Au XIXe siècle le comte Ladislaus Koszielski, qui se faisait appeler Sefer Pascha, le décora en style oriental, en souvenir de ces temps où les Ottomans étaient venus se presser aux marches de l’Empire des Habsbourg. Avec le dépècement de l’empire à l’issue de la Première Guerre Mondiale, le château changea à la fois de propriétaire et de destination avec l’arrivée d’une communauté de bénédictines appartenant à la congrégation de Beuron, qui devait y rester un peu moins d’un siècle jusqu’en 2010, à l’exception d’une interruption de quelques années lorsque les Nazis fermèrent le couvent fet…
Sacha Batthyány A la question que pose Sacha Batthyany en titre du livre « Mais en quoi cela me concerne-t-il? », l’auteur répond aussitôt par ses mots simples : « il s’agit de moi » ou encore « je voudrais savoir ce dont j’ai hérité ». Sacha Batthyány, un auteur suisse Traduit de l’allemand, ce livre d’un auteur suisse issu d’une famille de l’aristocratie hongroise, se veut à la fois quête et enquête, interrogation et réponse. Plusieurs fils s’y entremêlent. Tout d’abord l’auteur se met en quête de connaître une sombre histoire survenue au sein de sa famille mais qu’on tait depuis lors. Ensuite il s’engage pour retrouver les traces du séjour de son grand-père dans le goulag russe, et du récit qu’il en fait, assorti de l’évocation du traitement psychanalytique que suit Sacha Batthyány. Enfin et surtout l’auteur livre les morceaux choisis tirés de deux journaux, celui de Maritta, grand-mère de Sacha et celui d’Agnes, une…
Péter Esterházy Au commencement, deux livres seuls s’ouvraient sur ces mots graves « Au commencement », le Livre de la Genèse et l’Evangile selon saint Jean ; désormais la Version selon Marc de Péter Esterházy vient s’y joindre. Esterházy n’est certes pas un auteur chrétien au sens où le sont, mettons, Chateaubriand et Bernanos mais c’est un auteur dont l’œuvre puise jusqu’au plus profond de la culture européenne y compris dans sa dimension religieuse. Comme son chef d’œuvre, Harmonia Caelestis, la Version selon Marc met en scène les membres se sa famille, tantôt fictifs, tantôt vrais, son frère, ses père et mère, ses deux grand-mères et s’inscrit tout autant dans une tradition familiale qui fait appel à l’évangile selon saint Matthieu (Matthias, père de Péter) qui ouvre le Nouveau Testament tout entier sur la généalogie de Jésus-Christ. Et de même que la généalogie selon saint Matthieu, sans nécessairement toujours être exacte, est vraie, de…
Vacances en Autriche-Hongrie La Nouvelle Ligne se doit d’avouer à ses lecteurs qu’elle passe volontiers ses vacances dans un château plutôt qu’au Camping des Flots bleus. On est ici dans les anciens pays de la Double-Monarchie, l’Autriche-Hongrie des Habsbourg, où les clochers à bulbe et les châteaux à la façade peinte en jaune et aux volets verts s’érigent en sentinelles d’un espace culturel, qu’on soit en Autriche, en Hongrie ou dans les pays slaves. De tous temps, le maintient d’un château s’est révélé couteux, aussi héberge-t-il une foule d’activités économiques: ici le magasin de tapis orientaux de M. Rohani, un Iranien établi en Autriche depuis des lustres, là une guinguette et un magasin de souvenirs bien sûr et enfin des salons et même une chapelle qu’on peut louer pour des mariages. La Schloßkapelle Ce jour-là dans la Schloßkapelle se déroulait justement un mariage. Une foule variée se pressait dans la…
Près de trente ans se sont écoulés depuis que La Nouvelle Ligne n’avait été à Budapest, à une époque où, comme à Genève de nos jours encore, la ville tout entière se couchait à 22 heures. Aujourd’hui quatre millions de visiteurs par an permettent de financer la restauration d’une ville majestueuse, lui assurent une vive animation et lui confèrent l’image d’une ville colorée et variée. Plutôt que de monter dans un bus touristique à impériale et s’entendre dire « Für Deutsch wählen Sie eins », La Nouvelle Ligne und Gattin sont simplement montés dans le tram 2, qui circule à Pest le long du Danube et qui, selon les mots d’un dépliant publicitaire, offre à ses passagers « the most beautiful tram ride in the world ». On ne peut qu’y accorder son consentement. Il suffit de quelques heures en Hongrie, un jour tout au plus, pour que son histoire agitée refasse surface et…
La Suisse et le Brexit Founex, le 1er avril. De source bien informée, La Nouvelle Ligne apprend que, piquée au vif par le Brexit, l’Union Européenne a décidé d’introduire un numerus clausus et de limiter le nombre de ses membres à vingt-huit. Soucieux de ne pas rater cette fenêtre de tir, le Conseil Fédéral, dont la réputation en matière de rapidité de prise de décision n’est plus à faire, s’est empressé de demander l’adhésion de la Suisse à l’Union Européenne, coiffant au poteau la Moldavie. Alors que l’Union Européenne vient de commémorer le soixantième anniversaire du Traité Rome, qui l’inscrit dans une double tradition chrétienne et impériale, le Conseil Fédéral n’a pas manqué de faire valoir que Rodolphe de Habsbourg, premier de sa Maison à accéder à la dignité impériale, était un gars du pays, originaire d’Argovie. Et d’ailleurs, le noeud ferroviaire d’Olten ne témoigne-t-il pas par delà les siècles de…








