Ukraine Le deuxième anniversaire du déclenchement de l’invasion russe de l’Ukraine fournit l’occasion d’examiner à nouveau les conditions qui ont amené Vladimir Poutine à franchir ce pas. Né en 1971 d’un père britannique et d’une mère soviétique, Owen Matthews se consacre au journalisme et couvrira pendant vingt-cinq ans les affaires russes, d’abord pour Moscow Times et ensuite pour le magazine Newsweek. En 2023, dix-huit mois après le déclenchement de l’invasion, il publie Overreach, dont il faut comprendre le titre comme désignant quelqu’un qui a eu les yeux plus gros que le ventre. Six mois plus tard, sa lecture demeure tout aussi éclairante. Un intime de la Russie De son propre aveu, l’auteur, qui connaît la Russie de façon intime, n’a pas accès au premier cercle de Poutine et est contraint de se cantonner au deuxième, voire au troisième cercle; en revanche il accède à l’entourage proche du président Zelenski. Il…
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Si chaque guerre naît de circonstances particulières, de l’avis de La Ligne Claire, celle qui se déroule actuellement en Ukraine présente des parallèles avec la Première et Seconde Guerre Mondiale.
Aux portes de l’Europe La guerre en cours a suscité de manière subite un vif intérêt pour l’histoire de l’Ukraine, avec laquelle peu de lecteurs occidentaux, parmi lesquels on compte La Nouvelle Ligne, sont familiers. Un livre de Serhii Plokhiy, professeur d’histoire de l’Ukraine à l’université de Harvard, auteur par ailleurs de Nuclear Folly et de Tchernobyl, fournit une excellente entrée en matière accessible à un large public de langue anglaise. Son titre, les Portes de l’Europe, tantôt ouvertes et tantôt fermées, renvoie d’emblée à la situation géographique de ce pays, dont le nom signifie « la marche », à la frontière entre l’Europe et l’Asie, le christianisme et la religion musulmane portée par les Ottomans, et enfin à la frontière entre le christianisme orthodoxe et le catholicisme qui dans ses contrées se décline sous ses manifestations catholique romaine et grecque catholique. Au cours de l’histoire, ces frontières culturelles ont pu se…
L’Ukraine et les Deux-Siciles Le XIXe siècle, le siècle des nationalismes On ne compte pas en Italie le nombre de rues qui portent le nom de Via dei Mille et de places qui s’appellent Piazza del Plebiscito. Au XIXe siècle, émerge l’idée selon laquelle les peuples qui partagent une même langue sont appelés à former une nation. Ce mouvement agite les Balkans principalement mais aussi l’Allemagne et l’Ialie. En 1860 donc, Victor-Emmanuel II, roi de Piémont-Sardaigne, s’était investi de la mission d’unifier les peuples de la péninsule italienne au motif qu’ils parlaient (plus ou moins) la même langue. Des mercenaires qui traversent les siècles Aussi, dépêcha-t-il un bataillon de mercenaires, les Mille, l’équivalent à l’époque du Groupe Wagner, en vue d’envahir la Sicile sans déclaration de guerre. Après avoir défait les armées du bon roi François II, il s’empressa d’annexer son royaume, non sans avoir fait ratifier cette annexion par…
Le Pape François face à l’Ukraine De l’avis de La Nouvelle Ligne, face à la guerre en Ukraine, le pape François se trouve imbriqué dans une situation qui rappelle par certains aspects celle dans laquelle se trouvait Pie XII pendant la guerre. Certes le Vatican, pays neutre, ne se retrouve pas aujourd’hui sous la menace d’une armée d’occupation et le pape demeure libre de ses mouvements, mais la guerre restreint dans les faits la capacité du pape à s’exprimer en public. Lorsque la réalité de la Shoah devient claire, on pressera Pie XII de toutes parts d’élever la voix en public contre ce qui apparaît de plus en plus nettement comme une extermination systématique des juifs d’Europe. En 1942, à l’occasion du message radiodiffusé de Noël, le pape prononcera la phrase suivante : « Ce vœu [de mettre fin à la guerre], l’humanité le doit à des centaines de milliers…




