Ah la France, le pays des vins et des fromages, mais aussi des intellectuels ! Dans cet essai, Samuel Fitoussi s’interroge sur les prises de position des intellectuels en France et sur l’absence de sanction face à des opinions qui se sont avérées manifestement fausses. Il s’appuie en particulier sur le couple Sartre-Beauvoir, deux esprits brillants, deux auteurs de marque, et qui sont aux intellectuels français ce qu’Adam et Eve sont au genre humain. Sartre et Beauvoir Sartre d’abord ; il a 35 ans en 1940 lorsque survient la débâcle des armées françaises et l’occupation du pays par la Wehrmacht. S’il est certes, comme l’ensemble de ses compatriotes, confronté à une situation de fait, il s’en accommodera sans difficulté, fera jouer ses pièces de théâtre et, à la Libération, embrassera la cause de l’URSS, la libératrice de l’Est de l’Europe, dans l’attente que sonne l’heure d’affranchir l’autre moitié. Lorsque Khrouchtchev publie en…
Articles étiquetés comme “Simon Leys”
Abolition des partis politiques En 1942, la philosophe et mystique Simone Weil rédigeait une Note Générale sur l’Abolition des Partis Politiques (*). Elle partait de l’observation du « free vote » concédé dans certaines rares circonstances par les dirigeants des partis politiques des pays de tradition anglo-saxonne aux députés de leur propre parti. Elle en tirait donc comme conclusion que, hormis ces circonstances, souvent liées à des questions de société, les députés n’étaient pas libres mais au contraire tenus de suivre les consignes émanant des « whips », les chefs de groupe, ceux-là mêmes qui brandissent le fouet. Weil prônait donc un système où les députés ne seraient tenus par aucun parti mais au contraire voteraient au cas par cas sur les différents sujets proposés à l’assemblée parlementaire en fonction des engagements pris envers leurs électeurs. La vraie démocratie était à ce prix, estimait-elle. A la connaissance de La Nouvelle Ligne, il n’existe pas…
La Révolution culturelle A l’heure où Le Temps et d’autres consacrent une série d’article au cinquantième anniversaire de la révolution culturelle, on ne saurait passer sous silence le rôle de Simon Leys, décédé en 2014 . Il fut le premier dans les années soixante du siècle dernier à l’appeler pour ce qu’elle était, une tentative violente de régler des luttes de pouvoir au sein du parti communiste chinois. Il y a peu, Philippe Paquet lui avait consacré une magnifique biographie, qui dévoile au lecteur à la fois l’écrivain, le calligraphe et la personne qui connaissait la Chine et la culture chinoise de manière intime. Beaucoup en Occident, en particulier au sein des milieux intellectuels français et italiens, allaient voir la Révolution Culturelle comme une sorte de Mai 68 de l’Orient qui libérerait l’homme de la servitude alors que dans sa manifestation concrète il s’est agi d’un cortège d’atrocités commises à…
Simon Leys, navigateur entre les mondes De Ryckmans à Leys On trouve chez Pierre Ryckmans (le futur Simon Leys) quelque chose de Tintin, le goût du large, la passion de la mer, l’intérêt pour d’autres cultures, du Congo à l’Extrême-Orient, la recherche de la droiture. Ryckmans est de ces hommes discrets, peu connus du grand public, une sommité dans son domaine, celui de la sinologie, et qui aura marqué la vie intellectuelle de son temps, la deuxième moitié du XXe siècle. En 2010, il avait préfacé la biographie que Philippe Paquet avait consacrée à Madame Chiang Kai-shek et c’est par un juste retour des choses que Paquet, lui-même un éminent sinologue, rédige aujourd’hui la biographie de Ryckmans, alias Simon Leys. Car de même que Pierre Assouline avait composé une biographie d’Hergé, plutôt que celle de Georges Rémi, Paquet consacre son ouvrage à Simon Leys, l’homme qu’était devenu Ryckmans. Contraint pour…


