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Articles étiquetés comme “Bob Dylan”

Envoûtements

Dans sa jeunesse, désormais distante d’un demi-siècle, La Nouvelle Ligne, comme toutes les jeunesses qui l’avaient précédée dans la succession des générations, pensait appartenir à ce peuple choisi qui le premier découvrait le monde, l’amour, les filles. Une musique, plus tout à fait nouvelle dans les années septante du siècle passé, mais néanmoins vivace et vigoureuse, venait la conforter dans ses naïves convictions. Au Commencement Au commencement, tout va bien, elle t’aime, rien ne peut t’arriver She loves you. You know it can’t go wrong. Futile illusion, même si elle t’aime, c’est elle qui mène la danse et te conduit par le bout du nez. Tu as passé ton permis de conduire mais elle, elle a déjà une voiture que son père lui a offerte à l’occasion de ses dix-huit ans. Pour le prix d’un baiser, elle t’autorise à la conduire pendant dix minutes sans dépasser les cinquante à l’heure.…

Streets of Minneapolis

Quelques jours à peine après la mort de Renée Nicole Good et d’Alex Pretti, Bruce Springsteen enregistrait une nouvelle chanson, Streets of Minneapolis, qui occupe depuis la première place sur iTunes. Elle s’inscrit de plain-pied dans la tradition des protest songs, à laquelle Joan Baez et Bob Dylan, et avant eux des chanteurs comme Woody Guthrie, ont donné ses lettres de noblesse. De l’Ohio à Minneapolis Mais le parallèle le plus immédiat qu’on puisse dresser est sans doute avec Ohio, la chanson que Neil Young compose en juin 1970. Un mois plus tôt, la Garde Nationale avait ouvert le feu sur des étudiants de la Kent University qui manifestaient de manière pacifique ; lorsque les fusils se furent tus, quatre morts et neuf blessés gisaient sanglants sur le campus. Non seulement les circonstances du drame qui donne naissance à ces deux chansons sont similaires, mais la manière dont les deux artistes…

Vietnam war songs

La Guerre du Vietnam en chansons On commémorait il y a quelque temps le 50e anniversaire de la chute (ou de la libération, selon les points de vue) de Saïgon, qui marquerait la fin de la Guerre du Vietnam. S’il n’y a pas de date précise quant à son déclenchement, on peut noter qu’à partir de 1964, le Président Johnson y envoie des troupes combattantes, plutôt que de simples conseillers militaires. La Guerre du Vietnam allait profondément marquer la société américaine et y imprimer des transformations, dont la musique de ce temps-là s’est fait l’écho. Dès 1963, Bob Dylan, alors âgé de 22 ans à peine, compose Masters of War. Avec son talent pour la scansion, il s’exprime en des paroles sanglantes à l’encontre du complexe politico-militaire (selon l’expression du Président Eisenhower). Certes la chanson, qui s’inscrit dans la foulée de la crise des missiles de Cuba, ne traite pas explicitement de…

Joan Baez

Joan Baez, la madone de la musique folk A l’automne 2023, paraissait un documentaire, I am a noise, consacré à la vie et à la carrière de Joan Baez, l’artiste folk aujourd’hui âgée de plus de quatre-vingts ans. Fille d’un ingénieur d’originaire mexicaine et d’une écossaise, la jeune Joan découvrira très tôt la musique folk, dont Pete Seeger, l’un des principaux interprètes de la musique traditionnelle américaine mais aussi des chansons engagées (« protest songs »), se veut le porte-étendard. La chanson, une simple guitare acoustique, mis au service de l’action politique, voilà ce que sera non seulement l’engagement mais toute la vie de Joan Baez. La Marche de Washington En 1963, lors de la fameuse marche de Washington à l’occasion de laquelle Martin Luther King prononce son célèbre discours « I have a dream », Joan Baez et Bob Dylan interprètent en duo une des chansons de ce dernier, When the Ship comes…

All along the Watchtower

La Bible, source d’inspiration chez Bob Dylan All along the Watchtower compte parmi les plus célèbres titres de Bob Dylan, repris par de nombreux interprètes, Jimi Hendrix bien sûr mais aussi Brian Ferry, U2, Neil Young et bien d’autres encore. Plus tard dans sa vie Dylan, qui est juif, se convertira au christianisme et inaugurera avec l’album Slow Train Coming paru en 1979 une période musicale qui se revendique d’inspiration chrétienne. En 1967, lorsque paraît l’album John Wesley Harding sur lequel figure ce titre, on est encore loin de cette profession de foi affichée. Pourtant on y trouve une spiritualité exprimée en un langage poétique, de l’avis de La Nouvelle Ligne la marque de Dylan, présente dès Blowing in the Wind, la chanson où le souffle de l’Esprit répond aux angoisses du monde. On pourra aussi écouter la chanson à la lumière des événements qui frappent le monde actuellement. All…

With God on our side

With God on our Side, inspirés par la Bible With God on our Side. Si le premier amendement à la constitution américaine interdit au Congrès d’instituer une religion d’Etat, l’influence du christianisme dans sa composante protestante sur la culture des Etats-Unis s’est avérée très profonde et a persisté après l’arrivée d’immigrés de pays catholiques et des Juifs d’Europe centrale à la fin du XIXe siècle. Dans le domaine musical, on trouve bien sûr le Gospel, une musique populaire religieuse répandue dans la communauté noire. Cependant, à partir des années 1960 et la diffusion de la musique folk, rock et pop, on y verra apparaître une composante religieuse à des degrés variables, qui vient s’insérer dans un univers plus vaste parmi d’autres compositions d’inspiration profane. La Nouvelle Ligne ne fera pas mentir le vénérable adage In senectute tamquam in juventute, qu’elle vient tout juste d’inventer et selon lequel, en matière de…

Dylan, de la récré au Nobel

Bob Dylan – prix Nobel Bob Dylan – prix Nobel, Forever young L’octroi du prix Nobel de littérature à Bob Dylan évoque chez La Nouvelle Ligne des souvenirs de jeunesse, que vient teinter un peu de nostalgie. Alors adolescente, La Nouvelle Ligne est redevable à un camarade de classe, YCC, un peu hors du monde mais au goût très sûr, et qui l’a guidée dans l’élaboration de sa culture en matière de musique rock, folk et un peu pop ; car YCC savait distinguer ce qui était « bon » de ce qui ne l’était pas et n’hésitait pas à prononcer, les sourcils froncés, des sentences sans appel au sujet des artistes qu’il jugeait commerciaux, Gilbert O’ Sullivan par exemple, ceux-là même qui souvent plaisaient aux filles de la classe. C’était une époque avant Youtube et iTunes où la cour de récré servait de corbeille d’échange des disques en vinyle qu’on ramenait chez…